Parakite vs Parapente : comprendre la différence

Parapente vs Parakite : comprendre la différence

Pour un œil non averti, un parapente et un parakite se ressemblent beaucoup : une aile, des suspentes, une sellette, un pilote dessous. Pourtant, dès les premières secondes avec les commandes en main, on comprend que les deux engins n’ont pas grand-chose en commun dans la manière de voler.

Le parakite ne rompt pas avec le parapente, mais il introduit une autre logique de pilotage. Cette évolution apporte des possibilités nouvelles, et la discipline commence seulement à en révéler le potentiel.

Comprendre la différence de pilotage

Parapente : un pilotage avec les freins

La maniabilité d’un parapente vient principalement de l’action sur les freins.

En tirant sur les commandes, on agit directement sur le bord de fuite :

•on l’abaisse,

•on augmente la courbure du profil,

•et on augmente la traînée (la portance aussi)

En vol stabilisé, le parapente ne subit pas de grandes variation d’incidence. L’assiette du profil peut légèrement varier, mais les changements importants d’incidence apparaissent surtout lors de manœuvres dynamiques ou dans une masse d’air turbulente.

Paragliding Riser

Parakite : un pilotage basé sur l’assiette du profil

En parakite, les commandes ont un fonctionnement très différent :

•en tirant, on fait cabrer le profil,

•en levant les mains, on le fait piquer.

La commande agit sur l’ensemble de la géométrie de l’aile, pas uniquement sur la courbure du bord de fuite.

Cela donne au pilote un contrôle beaucoup plus direct sur l’assiette : il peut obtenir une trajectoire plus plongeante en relevant les mains, ou générer des ressources bien plus énergiques qu’en parapente en freinant de manière dynamique.

👉 C’est la différence la plus fondamentale entre les deux engins.

Parakite Riser

Parakite : pourquoi “bras hauts” donne un profil piqueur

Comportement bras hauts : parapente vs parakite

En parapente, bras hauts correspond à la vitesse maximale, mais le profil reste globalement “à plat”.

En parakite, bras hauts signifie un profil piqueur : l’angle d’incidence diminue, la vitesse augmente et le profil reste pourtant solide, sans provoquer de fermeture frontale.

Les deux éléments techniques qui rendent le parakite stable

Cette stabilité, malgré un faible angle d’incidence, vient du design même du profil, pensé pour voler dans ces angles extrêmes :

Un reflex marqué : le bord de fuite remonte naturellement lorsque l’aile accélère, ce qui stabilise le profil.

Une pression interne élevée : la structure interne garde le volume et la rigidité de l’aile

Grâce à cette combinaison, le parakite reste exploitable bras hauts dans des configurations où un parapente classique se fermerait rapidement.

C’est quoi un profil réflex ?

Le bord de fuite adopte naturellement une forme qui “remonte”.

Cet effet reflex crée une résistance aérodynamique qui stabilise l’aile, l’empêche d’aller trop loin dans la fenêtre et limite fortement les fermetures frontales

➡️ Résultat : une aile capable de voler vite, très piqueuse, et pourtant extrêmement résistante.

Parapente vs Parakite : ce qui change en vol

En parapente : stopper l’aile dès qu’elle “attaque”

En parapente, on intervient très vite sur les freins dès qu’on sent que l’aile subit une baisse d’incidence — souvent perçue comme un allégement soudain dans les commandes.

Cette réaction est logique : un parapente tolère mal ces diminutions brutales d’incidence, que ce soit à cause de l’aérologie ou d’un mouvement provoqué, comme une abattée qu’il faut arrêter.

Le pilote apprend donc instinctivement à retenir la voile dès que celle-ci « part un peu trop loin devant ».

En parakite : la logique opposée (bras hauts, laisser voler)

En parakite, dans une aérologie modérément turbulente, la configuration la plus stable est généralement bras hauts, en laissant l’aile travailler.

Pour un pilote venant du parapente, c’est déroutant : il faut accepter davantage de petits mouvements et laisser la voile filtrer elle-même les mouvements dans la masse d’air, au lieu d’essayer de tout contrôler.

Autostabilité = sécurité passive élevée

Le profil du parakite est conçu pour rester solide accéléré, ce que l’on trouvait déjà d’une certaine manière sur les ailes de compétition en parapente, qui accélérées, utilisent déjà ce principe.

Le parakite le pousse beaucoup plus loin : reflex marqué, géométrie dédiée, stabilité supérieure bras hauts.

Les limites : la stabilité du parakite dépend du trimming

Pourquoi un parakite doit être réglé parfaitement

Pour que le reflex fonctionne pleinement, plusieurs conditions doivent être réunies.

L’efficacité du profil reflex repose directement sur :

•une aile bien réglée,

•l’absence de nœuds ou de clés,

•le respect du réglage constructeur.

Avec le temps, un mauvais trimming peut apparaître :

•vieillissement des suspentes,

•nœuds involontaires,

•sable accumulé dans le bord de fuite.

…et cela dégrade fortement la stabilité du profil.

Le parakite offre une forte sécurité passive… mais seulement avec une aile saine et correctement réglée.

Conclusion : deux logiques de pilotage à comprendre

La différence de pilotage entre parapente et parakite explique une grande partie des sensations nouvelles que l’on découvre sous ces ailes. Mais pour vraiment comprendre où le parakite s’exprime pleinement — et où il peut devenir plus technique — il faut aussi regarder l’environnement dans lequel on vole.

À retrouver dans les prochains articles :

👉 Bord de mer, soaring, montagne : dans quelles conditions le parakite fonctionne-t-il vraiment ?

Et pourquoi certains terrains lui conviennent… et d’autres beaucoup moins

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